La Meule sur les bords du Loing a été peinte par Sisley en 1890 à Moret, le village d’Île-de-France où il a vécu de 1882 à sa mort, en 1899.

 

Alfred Sisley, Meule sur les bords du Loing, 1890, huile sur toile Alfred Sisley, Meule sur les bords du Loing, 1890, huile sur toile © Douai, musée de la Chartreuse

Il introduit ici un thème nouveau dans son œuvre, celui de la meule ; peut-être a-t-il été influencé par Pissarro qui, dès 1875 avait peint le motif à Pontoise. Il a aussi été sûrement marqué par la série de meules que commence à traiter son ami Monet, à Giverny. Les peupliers qui ferment la composition ne sont sans doute pas sans lien avec la présence de ces arbres à l’arrière-plan des meules de Monet.

Véritable hommage à la campagne française, cette toile chante joyeusement la fécondité de la terre, la moisson qui symbolise la victoire de l’homme sur la nature. Sisley utilise une palette brillante qui lui est inhabituelle, faisant contraster le bleu vif du ciel et les jaunes, mauves et roses de la paille. Le chaud soleil de l’été divise aussi en une multitude de virgules colorées les épis qui jonchent le sol.